Depuis janvier 2026, le banc d’essai gyroscopique Dragonfly est devenu l’un des outils les plus puissants pour comprendre, mesurer et démontrer les effets moteurs dans le paramoteur qui avaient déjà fait l’objet d’un article dédié fin 2024.
Mais pour comprendre un phénomène invisible, rien ne vaut la visualisation, Dragonfly a donc construit, et éprouvé durant de nombreuses heures de tests et d’essais, son propre banc d’essai gyroscopique !
Voici les conclusions de ces travaux.
En six mois, ce banc d’essai a permis :
de valider des hypothèses physiques,
de visualiser des phénomènes invisibles mais fortement perceptible en vol : le couple moteur et la précession gyroscopique
d’expliquer les différences fondamentales entre monomoteur, bimoteur non contra rotatif et bimoteur contra rotatif
et de révéler et valider un phénomène inédit que Christophe avait déjà en vol : l’effet Odonate.
Un banc gyroscopique : un outil unique pour visualiser les effets moteur parasites
Le banc d’essai gyroscopique Dragonfly est devenu un véritable laboratoire mobile.
Il permet de visualiser :
le couple moteur,
les effets gyroscopiques et de précession gyroscopique,
les non effets gyroscopiques sur le contra rotatif,
les variations de couple et gyroscopique suivant le besoin en poussée,
les réactions dynamiques en temps réel !
Ce banc permet de figer la machine dans l’espace, ce qui rend les phénomènes plus visibles, mesurables et plus reproductibles que lors d’un vol d’essai !
Visualisation du couple moteur sur bimoteur et monomoteur
L’un des apports majeurs du banc est la comparaison directe entre :
un monomoteur thermique (Moster, Thor…) mais aussi toutes les machines volantes électriques monomoteur,
le bimoteur électrique contrarotatif Dragonfly.
Les essais montrent clairement :
le couple généré par un monomoteur ou un bimoteur NON contra rotatif,
les oscillations latérales du châssis (prise de roulis / lacet),
les effets gyroscopiques par la masse en rotation.
À l’inverse, le bimoteur contra rotatif Dragonfly démontre de manière visible et scientifique :
zéro couple,
pas d’effet de précession gyroscopique au tangage lors de la mise des gaz (c’est le plus perturbant en paramoteur)
une poussée linéaire dans l’axe de la trajectoire de vol,
une stabilité quasi parfaite.
Analyse des effets gyroscopiques : comprendre l’invisible
Les effets gyroscopiques sont souvent mal compris dans le monde du paramoteur. Pourtant ils perturbent les performances du vol et accroissent les risques de fermetures de l’aile, première cause d’accident mortel en paramoteur.
Le banc permet de les isoler et de les montrer clairement :
un rotor unique (ou non contra rotatif) crée une précession gyroscopique,
cette précession induit un moment de rotation parasite,
cette rotation se transmet au châssis, au pilote, puis à l’aile.
ceci perturbe la trajectoire (correction nécessaire) et change la charge alaire partiellement
ce dernier effet augmente les risques de fermeture de l’aile.
On comprend pourquoi les pilotes de paramoteurs n’aiment pas voler dans des conditions actives et thermiques, c’est là où justement, les pilotes parapente volent.
Dans son comportement, un bimoteur contra rotatif Dragonfly est plus proche du parapente motorisé que du paramoteur.
Les vidéos montrent que :
un monomoteur génère une précession forte,
Dragonfly, grâce à ses deux rotors contrarotatifs, annule cette précession.
C’est l’un des fondements de la stabilité Dragonfly en vol.
Mesure de la poussée et de sa linéarité : la signature et une des force de Dragonfly
Ce banc a permis de démontrer un point essentiel : la poussée Dragonfly est parfaitement linéaire et dans l’axe de l’aile et de la trajectoire, contrairement aux monomoteurs qui louvoient en permanence et doivent être corrigés !
Inversement, les essais et test sur une configuration contra-rotative montrent clairement :
la montée en poussée stable et dans l’axe de l’aile,
la descente stable et dans l’axe de l’aile,
la reprise possible de poussée sans louvoiement ni emballement gyroscopique,
la précision du dosage de la poussée améliorée
Cette linéarité de la poussée explique :
les décollages propres et plus courts en contra rotatif,
les transitions de puissance plus stables et quasi parfaites (un « rail aéronautique »),
plus de stabilité en turbulences donc moins de risques de fermetures de l’aile,
une amélioration de la finesse de la machine,
un confort de pilotage augmenté (moins de correction à apporter)
un confort d’utilisation augmenté (moins de réglage sellette / trim et zéro réglages en l’air !)
une réduction du risque global
Tests annexes sur banc d’essai gyroscopique
Le banc a également servi à pousser la machine dans ses retranchements :
tests de vibrations et nécessité de rigueur en conception aéronautique,
tests de changements de trajectoire rapides,
tests de montée en régime rapide,
tests de déséquilibre volontaire
L’effet Odonate : une découverte majeure de Dragonfly confirmée sur banc d’essai
Parmi les découvertes les plus importantes du projet Dragonfly, l’effet « Odonate » a été visualisé et est sans doute une des plus fascinante. Pourquoi Odonate (Odonata Effect en anglais) ? Car odonate est l’ordre biologique des libellules, c’est donc un clin d’oeil à Dragonfly par Christophe Martz.
Déjà constaté depuis quelques années lors des analyses post vol des vols d’essais Dragonfly, l’effet Odonate est un effet moteur positif présent exclusivement sur bimoteur contra rotatif : il s’agit d’une prise de lacet automatique du groupe moteur suite à une prise de roulis.
Il est particulièrement efficace et visible sur les appareils 2 axes où roulis et lacet sont liés.
Mais cet effet est présent sur tous les multimoteurs contrarotatifs par paire (configuration malheureusement rare). Par exemple, le terrible Airbus A400M doit également en profiter !
L’effet Odonate fera l’objet d’un article dédié plus tard mais vous pouvez déjà le constater sur cette vidéo.
Vidéo Bonus : deux A400M en formation passent cette semaine au-dessus de moi !
Conclusion : un banc d’essai qui a transformé Dragonfly
En six mois, le banc d’essai gyroscopique a permis :
de valider scientifiquement les avantages du bimoteur contrarotatif sur les effets moteur,
d’optimiser la future conception de la machine,
de produire des vidéos pédagogiques puissantes,
d’expliquer clairement pour tout le monde les phénomènes invisibles en vol,
et de confirmer et révéler l’effet Odonate
Il est devenu un élément central de la communication Dragonfly, mais surtout un outil d’ingénierie indispensable pour la prochaine génération de machines.
Ce banc a même été présenté au FestiULM de la FFPLUM et il a enchanté (et surpris) des dizaines de personnes !
